Jean-Baptiste, maréchal-ferrant

Séance photo || Jean-Baptiste Salèze || Aiguebelette-le-lac, 73 || Mars 2016

Jean-Baptiste est le maréchal-ferrant de mes parents depuis une bonne dizaine d’années. Il ferre seul, c’est-à-dire « à l’anglaise », sans aide et sans trépied.  Son fourgon est parfaitement équipé : forge, perceuse, enclume ; et tout un stock de fers et de clous.

« Le dos ? C’est nouveau, ça vient de sortir », s’amuse-t-il. Il me rappelle que les anciens n’en prenaient vraiment pas soin (de leur dos). Lui porte une ceinture lombaire et visite souvent son ostéo.

C’est une force de la nature.

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Jean-Louis, taxidermiste

Séance photo || Jean-Louis Masson || Aiguebelette-le-lac, 73 || Mars 2016

Ce matin, j’ai profité de quelques jours au vert dans ma Savoie natale pour faire quelques photos de l’atelier de mon père.

Mon père est taxidermiste : il naturalise des animaux. Ce sont souvent des trophées d’Afrique, comme le buffle ci-dessous.

Aujourd’hui, des formes en polystyrène sur lesquelles vient se placer la peau tannée permettent un gain de temps considérable. Mais à l’époque où mon père a débuté son activité, il créait lui-même ses formes avec de la frisure de bois, entourée de ficelle, et qu’il recouvrait ensuite de plâtre.

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Berlyne, chanteur

Séance photo || Berlyne || Paris 12 – Porte de Versailles || 2014 ||

Jérem – aka Berlyne -, c’est un chanteur un peu écorché. Incisif dans le propos, intransigeant sur le sens des sons, il emprunte au raffinement mélodique de Biolay – tout à fait involontairement, puisqu’il déteste la comparaison.

C’est aussi un ami.

Afin d’alimenter son site Internet, nous avions organisé fin 2014 une petite séance photo que je viens de retrouver et dont j’ai extrait ces quelques images. Parmi elles se trouve celle qui est devenue la couverture de l’album « Un monde parfait », sorti en 2015.

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°°° Et voici la couverture de l’album (graphisme  Célia Charrier) °°°

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Cuba en pola

Cuba. Destination de mes rêves depuis toujours (= une rencontre amoureuse avec un cubain à Barcelone en 2006 + un intérêt marqué pour l’oeuvre et le personnage d’Ernest Hemingway + « Le vieil homme et la mer » qui m’a fait pleurer dans un avion).

Je retiens de ce pays, que j’ai eu l’occasion de fouler en août dernier, un sentiment de chaleur écrasante et de violence contenue. Le commerce ravagé, la double monnaie, la presse inexistante, les vies invisibles, les bâtiments délabrés.

Mais aussi, évidemment, la beauté irréelle de La Havane, debout et insolente, effrontée et presque vulgaire, en fait – et cette odeur d’essence ! – ; étonnamment superbe malgré son état de santé déplorable. Parce qu’on jurerait qu’il y a eu la guerre hier !

Je regrette d’être partie avec uniquement mon instax mini de chez Fujifilm et 60 poses. Une idée de carnet de voyage conceptuel stupide. Qui plus est avec un pola qui tient surtout du gadget… Cuba mérite évidemment qu’on la photographie sous toutes les coutures avec ce qu’on dispose de mieux en termes d’appareil photo !

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L’arme du crime : un pola qui tient du gadget. Une photo ratée sur deux : cadrage approximatif – d’autant plus qu’il est serré –  et seulement trois réglages de l’exposition. Bref : pas adapté pour un voyage si important.

Mes 2 coups de cœur :

  • La baie des cochons et son village de pêcheurs : logés chez l’habitant, nous sommes partis en calèche pour pêcher au lancer, en forêt puis en bord de mer. C’est également au départ de Playa larga que se trouvent des superbes spots de plongée.
  • Trinidad, haute en couleurs et en musique : la seule ville où l’on trouve un peu de commerce artisanal, avec un marché quotidien. Un passage par la Casa de la musica est obligatoire.
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En haut : Bahia de cochinos. En bas : Varadero
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Bahia de cochinos
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La Havane. En haut : la chambre de notre première nuit cubaine. En bas : le quartier de Centro Habana
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N’oublions pas que Cuba reste une île : les activités liées à la mer y sont multiples. En haut : Polo et un barracuda. En bas : Polo et un équipement de plongée.

Aude, apicultrice

Reportage vidéo || Le rucher du Rif Bel || Saint-Saturnin-lès-Apt, 84 || 2013 ||

Aude, sous un soleil de plomb, m’emmène voir ses ruches. Pas facile pour moi de tenter une mise au point, même grossière, sur les abeilles, à travers la maille grillagée de notre équipement de cosmonaute !

Aude et moi avons fait la même école, mais pas la même année. C’est dans le cadre d’expériences professionnelles croisées que nous nous sommes rencontrées et que nous sommes devenues amies : elle était responsable de production et moi responsable qualité au sein d’une PME savoyarde spécialisée dans la fabrication fromagère.

Cela fait maintenant deux ans qu’Aude pratique l’apiculture à Saint-Saturnin-lès-Apt, dans le Vaucluse. Toute jeune maman, elle aspire à devenir professionnelle.

Cinque terre : colors of life

Je crois que cette escapade italienne entre amis a été la meilleure valorisation de pont de mois de mai que je n’ai jamais vécue. Nous sommes partis à 4 du 8 au 12 mai 2013. Niveau logement, un charmant appartement tout confort loué à Levanto. Transport : départ de Chambéry, à 4 dans une citadine : rien d’insurmontable. Sur place, l’activité principale consiste à randonner sereinement d’un village à l’autre (Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomagiorre ; chacun étant, excusez du peu, classé au patrimoine mondial de l’Unesco). Une fois arrivés au bon port du jour, visite & dégustations de spécialités italiennes. Tout compris (transport, location, restos), les 5 jours nous sont revenus à environ 320 €/personne.

L’occasion rêvée de redonner vie à votre compte Instagram délaissé : du relief, de la mer, de la montagne, des couleurs, des glaces italiennes. Un vrai bol de dolce vita, de sport doux et de nature à portée de porte-feuilles.

A noter, des trains sillonnent la vallée à horaires très réguliers et permettent de se déplacer très facilement d’un village à l’autre. Des bateaux proposent également la jonction.

Le véritable point noir, c’est qu’on n’est pas tous seuls : les trains sont parfois bondés de touristes en short et pull Polaire, affublés de bâtons de randonnée (des gens en réalité exactement comme vous, mais un peu moins sympas et franchement moins stylés).

Dizzylez, slammeur, 84

Captation acoustique || Dizzylez || Barbentane, Bouches-du-Rhône || 2013

C’est dans un champ tout jaune de Barbentane que Dizzylez, dont je suis fan, a gentiment accepté d’interpréter pour moi ce morceau si poignant, si fort. C’est rare de le voir avec une guitare dans les mains – en l’occurrence, ma Taylor – et, de fait, privé de son habile gestuelle !

Matthieu écrit des textes si sensibles et si justes qu’ils me font soit rire, soit pleurer, soit les deux à la fois.

nb : La captation tremble un peu (quelle idée, un plan séquence au réflexe, sans stabilisateur, avec des va-et-viens sur le zoom !). Et je me rends compte, avec un peu de recul, que l’appareil est tout le temps en mouvement…  c’est trop !

Thomas, vigneron, 84

Reportage texte + photos || Domaine de la Ferme Saint-Martin || Suzette, 84 || 2012

Très engagé dans la promotion des vins naturels, la stimulation des sens et le respect du vivant, Thomas Jullien valorise en bio ses 25 hectares de vignes adossées aux dentelles de Montmirail (Suzette, 84). Il s’est formé à la vinification en partant, seul et dans son camion, à la rencontre de différents vignerons français.

« Je pense avoir gagné dix ans d’expérience en réalisant ce compagnonnage ! », lance Thomas Jullien, qui est parti pendant un an découvrir les différentes appellations du vignoble biologique français. « Je restais chez les vignerons deux heures, le temps díune dÈgustation, ou trois jours, le temps díune vinification. Je m’intéressais aux vinifications sans soufre, aux levures naturelles. » Il y a une diversité de savoir-faire, en France, que Thomas a voulu faire sienne – ou, en tout cas, appréhender.

« Mon père est quelqu’un de très ouvert ! »

« Tout ça, c’est un peu grâce à mon père, qui est quelqu’un de très ouvert. Aujourd’hui, il me laisse faire, aussi bien dans les vignes qu’à la cave. Il se concentre davantage sur les aspects administratifs et commerciaux du domaine », explique Thomas, qui s’est donc installé avec son père Guy en septembre 2010. « J’ai alors utilisé les aides à l’installation pour acquérir du foncier et le mettre à disposition de l’EARL », précise-t-il.

Les 25 hectares du domaine de la Ferme Saint-Martin sont conduits en viticulture biologique. « Et certains lots en biodynamie, complète le jeune vigneron, avec le respect du calendrier lunaire et l’utilisation de préparâts qu’on mélange aux rafles des années précédentes « . Thomas considère que les grands vins sont ceux qui laissent à 100 % s’exprimer le terroir et sont donc tous, a fortiori, des vins bios. Sélection massale, travail mécanique du sol, déchaussage des vignes, vendange manuelle, vinification naturelle dans des cuves béton, avec uniquement un peu de sulfites à la mise en bouteille : Thomas cherche à se rapprocher de la vigne. Avec ses deux côtes-du-rhône, ses trois ventoux et ses trois beaumes-de-venise, il présente une gamme complète de 8 vins, dans les trois couleurs, de 6 à 12,80 euros, prix départ caveau. Le domaine produit 100 000 bouteilles par an et propose aussi du bag-in-box.

Un jour, peut-être, une restauration événementielle sur le domaine

Thomas fait partie de trois associations : les Bioventoux – 12 vignerons autour du Mont Ventoux qui organisent des festivals, des dégustations et produisent des outils de communication -, les Toqués des Dentelles – 5 vignerons qui travaillent en bio et se rassemblent sur l’éthique du vin, échangent sur leur savoir-faire – et, enfin, l’association des vins naturels. « C’est une association nationale qui regroupe une quarantaine de vignerons et qui élabore un cahier des charges de la vinification dite naturelle. L’objectif est de nous rassembler et de communiquer sur les vins naturels », explique Thomas Jullien, qui organise également des événements culturels au caveau, auquel trois expos de cinq semaines apportent une autre dimension pendant l’été.

« J’aimerais, un jour, faire un peu de restauration gastronomique et événementielle au caveau. Mais je souhaite par-dessus tout avoir la liberté de me concentrer sur le travail de la vigne, la vinification, et la vente du vin. Ce qui est fabuleux, dans ce métier, c’est qu’après 30 ans d’expérience, on cherche toujours à optimiser sa vinification », conclut Thomas qui cherche à faire des vins « fins et élégants, faciles à boire et pas ennuyeux ». Et qui peut remercier l’hiver 1956, au cours duquel le gel a détruit les vergers de cerises et d’abricots que possédait son grand-père… Ce dernier avait alors tout replanté en vignes, sur un terroir qui allait bientôt devenir du beaumes-de-venise.

« Le vin doit plaire à tout le monde : au restaurateur, au caviste nature, au caviste conventionnel, au passant »