• Notre première récolte d’olives !

    La récolte des olives de notre jardin a constitué pour moi, dès l’emménagement dans notre nouvelle maison, une sorte de point d’orgue fantasmé ; une tradition annuelle à construire en famille ; une occasion de me connecter à un terroir et de vivre – enfin ! – la Provence.

    Nous ignorions à peu près tout des usages en la matière, de la date optimale de récolte à la variété de nos oliviers. Nous nous sommes alors rendus, un week-end du mois d’octobre, au Moulin du Clos des Jeannons, impatients et curieux d’obtenir un premier niveau d’informations sur la marche à suivre. Forts de notre trentaine d’oliviers, nous étions devenus, par l’achat de notre maison, de véritables producteurs ;  modestes, certes, mais des producteurs quand même. A l’image d’oléiculteurs professionnels, nous étions des apporteurs du moulin.

    Nous apprîmes que le moulin ouvrait ses portes pour la trituration le lundi 5 novembre. Il nous fut vivement déconseillé d’apporter nos olives durant les premiers jours d’ouverture, pris d’assaut par un nombre important de personnes redoutant une chute prématurée des fruits alors en pleine véraison. On nous expliqua également que nous devions déposer nos olives au maximum 48 heures après la cueillette.

    J’ai commencé à ramasser les olives (des aglandau) le samedi 3 novembre, dans l’après-midi, alors que Paul-Eric, fiévreux, était alité pour la journée. J’ai dégoté un escabeau dans le garage et ai entrepris une cueillette manuelle sans grande conviction, aidée par Avril. Nous avions pourtant évoqué l’idée d’acheter un filet de récolte et des peignes afin de nous y mettre vraiment… mais soit. Paul-Eric nous a rejoint le lendemain, actif sur les cimes, moi, enceinte de 6 mois, délaissant l’escabeau et ramassant le bas de la couronne des arbres. J’avoue que Paul-Eric a su, par la suite, s’atteler à la tâche avec ardeur et constance, pour aboutir à plus d’une vingtaine d’heures de cueillette manuelle !

    Nous sommes arrivés au moulin avec deux cabas de course et une caisse en plastique. On nous demanda alors de déverser l’ensemble de notre récolte dans un palox déjà bien rempli, pour la pesée. Verdict : 63, 5 kilos. Avec cette quantité relativement réduite, impossible de bénéficier d’une presse à façon. Mais le plaisir est là !

    Le début de la redistribution de l’huile est fixé au 12 décembre. Nous ignorons encore à combien de litres nous attendre. A suivre !

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  • Jean-Baptiste, maréchal-ferrant, 73

    Jean-Baptiste est le maréchal-ferrant de mes parents depuis une bonne dizaine d’années. Il ferre seul, c’est-à-dire « à l’anglaise », sans aide et sans trépied.  Son fourgon est parfaitement équipé : forge, perceuse, enclume ; et tout un stock de fers et de clous.

    « Le dos ? C’est nouveau, ça vient de sortir », s’amuse-t-il. Il me rappelle que les anciens n’en prenaient vraiment pas soin (de leur dos). Lui porte une ceinture lombaire et visite souvent son ostéo.

    C’est une force de la nature.

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  • Le clip !

  • ça fait pas trop pouffe ?

    Chers amis, nous avons concrètement initié l’opération VISUEL dimanche dernier. Nous, c’est à dire mon coloc-bassiste-photographe Clément, mes complexes de toutes natures, mes incertitudes chevillées au corps (gras) et moi-même.

    Pas facile tout ça. On avait déjà fait des réunions il y a quelques temps avec David (graphisme) et Iza (coiffure et maquillage). Moi au début je voulais poser à cheval parce que je monte un peu à cheval (j’eus en réalité monté dans ma prime jeunesse) et que j’ai une position pas trop mauvaise et des chevaux en libre service chez mes parents. Mais j’ai eu peur que ça me fasse des grosses cuisses / que ça fasse folk américaine / que ça fasse beauf.

    Alors on s’est dit qu’on pourrait se la jouer « photo one shot« , genre méga habillée et sautant dans une piscine (idéalement remplie d’eau). Toujours dans des soucis de « démarche », on a voulu faire de l’argentique et du polaroïd. On l’a donc fait. Dimanche.

    Habillée et maquillée, je m’égosillais intérieurement : « Ce manteau, ce look, ce maquillage, ce sein que tu ne saurais voir, ce sourire, cette posture, le cadre, tout ça… ça ne fait pas trop pouffe ? ça va ? ça passe ? Heinnn ? » Tendue et impossible à dérider.

    Le lendemain, Valentin m’a conseillé de la jouer cool. « Tu pars boire un coup en ville avec tes copines, de préférence tard le soir, et tu demandes à Clément de t’accompagner ». Oui, mais ça ne marche pas : si Clément nous fait l’honneur de nous accompagner, ça fusille le concept, c’est pas une soirée filles.

    J’avais, je crois, oublié de me poser les bonnes questions. (Les mauvaises et les existentielles, en l’occurrence, ça me connait.) Du genre : C’est quoi l’projet, c’est quoi l’message ? Quand je pense à ma musique, c’est quelle couleur qui me vient ? Quel type de femme souhaitè-je afficher aux yeux du reste du monde ? Suis-je malicieuse, pétillante, affirmée, rebelle, enfant, triste… gaie ? intello ? On met quoi en avant ? un regard, une ambiance, une posture, une émotion, un lieu, un objet ?

    Erf.

    On a refait une séance dans la semaine avec Clément. Il m’a dit « Garde ta clope et ton verre de Muscat ». On a mis Wax Tailor.

    Et je crois qu’on a trouvé la bonne !  Et c’est plutôt cool car j’ai bien failli capituler (« Finalement, je pense que le mieux c’est que je ne sois pas sur la pochette ») avant même que Clément ait appuyé sur le déclencheur, tellement que je l’appréhendais, cette satanée opération VISUEL.

    Mon coloc est vraiment fort.