










Mon petit village est aussi un grand lac
Qui demeure niché au versant de l’Epine
J’y pense souvent, dans ma tête je dessine
Un clocher, des grands prés, deux arbres et un hamac.
Cent ans – et même plus. Mon dieu que le temps file !
Que je n’ai pris la route qui monte chez moi,
Surplombé la belle eau, humé l’odeur des bois,
Ce mélange d’écorces et de chlorophylle !
Quand je prends cette route, je finis souvent
Sans guère plus de manœuvres, garée en marche avant,
Dans la cour. Mon père est là, et il balaie.
Il vient tout juste de soigner les chevaux.
On s’embrasse, les enfants surtout, et Polo,
Puis je prends l’escalier et ma mère apparaît.


Photos : Yashika
Et puis il y aura l’assurance
Pour l’heure elle joue au funambule
Le fil est tendu dans sa bulle
Et la voilà déjà qui danse
Oh ! son adorable figure
A tant changé. C’est ce sourire
Qu’on ne lui avait jamais vu
Est-ce donc le sien que ce sourire ?
Il en faudra faire des efforts
Pour que les jambes portent le corps
Il en faudra de la patience
Et puis il y aura les bobos
Les larmes, tombée de l’escabeau
Et puis il y aura l’assurance