• Terminus : tout le monde descend ! Ou la chronique de ma liquidation judiciaire

    Le jour de l’audience, j’arrivai comme pour un entretien d’embauche : largement en avance. On m’avait convoquée à 14 heures en salle J.

    Alors que je patientais, massée avec les autres, le visage fermé, arborant une tenue formelle qui aurait pu convenir aussi bien à un mariage qu’à un enterrement, on nous informa que les audiences du matin avaient pris du retard : « Les juges ne prennent leur pause que maintenant. L’appel des dossiers est reporté à 14 heures 30 ».

    Nous étions là une quinzaine de dossiers : des procédures collectives, comme moi, mais aussi des audiences qui opposaient l’Urssaf ou la DGFIP à différents acteurs économiques. Après l’appel, qui eut lieu en salle d’audience, le Président nous invita à retourner dans le hall pour y patienter à nouveau : nous serions rappelés individuellement.

    Le hasard fit que je croisai alors un ami, avocat à la cour d’Avignon, qui traversa à grandes enjambées la salle des pas perdus :

    – « Hey, salut Fleur ! Alors ça y est ? C’est la fin ?
    – Eh oui, mon cher. Terminus : tout le monde descend ! ».


    On planifiait avec enthousiasme de se voir bientôt à l’occasion des fêtes d’anniversaire de nos filles aînées, quand la porte s’ouvrit et qu’on appela : « SAS LE BEAU GESTE ! »

    Je pris congé de mon ami et pénétrai dans la salle d’audience.

    Arrivée au pupitre, accueillie avec bienveillance, on me demanda d’expliquer comment j’en étais « arrivée là ».

    Le rouge aux joues, mais capable de m’en tenir aux faits, j’exposais alors, succinctement : un modèle économique fragile, des problématiques de marge et de volume, mais aussi un prix de vente consommateur élevé ; un marché bataillé et exigeant, des contraintes liées à une activité de production très capitalistique, un engagement social fort et des réussites indiscutables mais des moyens d’action limités, des référencements en centrale que j’attendais et qui n’étaient pas arrivés… Et puis un certain nombre d’erreurs dont l’évidence n’est, bien sûr, apparue qu’après coup.

    Les juges écoutaient, attentifs.

    Puis ils firent un point sur le passif : pas ou peu de dettes fournisseurs, ni de salaires en retard. Un peu d’Urssaf, nécessairement, les cotisations étant toujours prélevées le mois d’après. Ils estimèrent que j’avais fait preuve d’une bonne gestion dans la fin d’activité, malgré l’existence de dettes bancaires. À l’actif, des immobilisations et des machines qui seraient revendues.

    Ma demande de mise en liquidation acceptée par les juges, ces derniers m’informèrent que j’allais être contactée par un mandataire judiciaire avec qui on me recommanda de collaborer activement.

    Si je n’avais pas de questions, on pouvait conclure.

    « Il faut des gens qui prennent des risques. On vous souhaite de capitaliser sur cette expérience pour la suite ! Bon courage ! »

    Je sortis de la salle et me pris en photo, comme pour marquer l’instant, devant le Palais de justice.

    On devine, sur le cliché, mon rouge aux joues.

    Photo : 19/03/26

  • Les remèdes à la mélancolie ne marchent pas sur moi

    Chaque jour, je rêve d’une vie plus enthousiasmante que celle dont je dispose. J’ignore si l’amertume que je ressens est la juste expression d’une  réalité, ou si elle résulte d’un défaut de perception, peut-être lié à un conditionnement urbain et bourgeois particulièrement destructeur. A moins que seule mon immaturité ne me condamne à l’insatisfaction.

    Je suis perdue dans l’urgence d’atteindre une sorte de superficialité parfaite, alors même que j’ai toujours dédaigné le matériel. Aujourd’hui, pourtant, l’esthétique pure des choses pratiques, adaptées, à leur juste place, m’obsède. Le soin apporté à sa propre image et la discipline qu’exige la tenue d’un intérieur m’apparaissent comme les fondements essentiels du respect de soi et des autres. Surprenant ! D’autant plus qu’il me semble que je suis hors-course par essence ; comme si les moyens pratiques, le savoir-vivre, la bonté de cœur et l’élégance me faisaient fatalement défaut. La frustration est à la hauteur du piètre jugement que je porte sur moi-même.

    Ma fille, qui n’a pas encore un an, et ma mamie, qui a attendu les premiers matins de 2017 pour tirer sa révérence, viennent me rappeler que le temps nous pousse à une vitesse folle vers la mort et la vacuité du néant. Et ce, quoi que l’on ait été, et quoi que l’on ait fait. Dès lors, seul reste le style. Puisque tout est vain, autant travailler, dans la rigueur et la difficulté qu’impose l’apprentissage, à la beauté du geste.

    Quoique.

    Déjà, je me reprends. L’essentiel doit évidemment être ailleurs. Peut-être dans le plaisir personnel : le bonheur de la tâche accomplie, ou du temps partagé avec les bonnes personnes. J’aime l’élan créatif qui me fait sortir du temps (je vivrais heureuse avec une guitare et un flux d’inspiration), la stimulation qu’on a au contact des professeurs, des patrons, des écrivains, des politiques, des aventuriers. J’aime ces instants où l’on vibre, ces secondes passées à la chasse en Afrique avec mon père, en concours hippique avec ma mère avant que la cloche ne sonne le début du parcours, en pleine mer avec le père de ma fille, et, au bout de la canne-à-pêche, la première touche de la journée… Prendre soin de soi, se rendre heureux, serait-ce la base pour enjoliver la marche du monde ?

    A moins que le bonheur soit moins dans l’action – qui nous extrait de la réalité – que dans l’amour – qui, au contraire, nous y ancre davantage puisqu’il nous fait souffrir par la séparation. Mais avouez qu’aimer avec suffisamment de sincérité est un moyen que l’on a pour se sortir de soi et de son sort. Je  sacrifierais volontiers mon bonheur pour assurer celui de ma fille. Serait-ce la rendre heureuse ? Fatalement, non.

    C’est peut-être la perspective de ma modeste carrière professionnelle qui alimente l’essentiel des mes désillusions. Ce que j’ai, c’est une sorte de soif permanente de défis professionnels,  d’apprentissage culturel, de partage social, de fête désinhibée, de projets créatifs, de courage, de lucidité, de fraternité.

    Je meurs de soif, en fait. Toute égocentrée que je suis.

    Mais je ne fais rien pour que ça bouge. Je me raccroche alors à la superficialité, travaillant à cette vie de maman parfaite qui s’occupe bien de sa petite, part au ski quand il faut partir au ski, et à la plage quand il faut partir à la plage. Linge et ménage le samedi matin, et running au parc le dimanche.

    Vous : comment vous faites ? Quelles sont vos sources d’apaisement ? Je précise que les remèdes à la mélancolie distillés sur Inter le dimanche matin ne marchent pas sur moi.

  • Le Chili con carne de Sergio

    Selon Sergio, le papi d’Avril, un bon Chili con carne se mesure à son temps de cuisson : mijotés 90 minutes à feu très doux, les haricots sont fondants, goûteux… presque confits !

    Ingrédients pour 8 personnes 

    • 1 poivron rouge
    • 2 oignons
    • 2 boîtes de haricots rouges (environ 1 kg une fois égouttés)
    • 280g de maïs
    • 400g de pulpe de tomate
    • 1 kg de viande hachée à 5% de MG
    • 2 bouillons cube

    Etape 1 : Émincer le poivron et les 2 oignons. Possibilité d’éplucher le poivron. Les faire revenir à la poêle séparément, avec un peu de sel sur les oignons.

    Etape 2 : Dans un fait-tout, mélanger la viande, le poivron, les oignons, les haricots, le maïs, ainsi que la pulpe de tomate et le bouillon cube. Faire mijoter 1h30 à feu très doux.

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    Etape 3 : servir et déguster !

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  • Déco : la chambre d’Avril chez Bibi & Babou

    J’ai profité de quelques jours chez mes parents avec ma petite Avril pour donner un petit coup de jeune au sombre repère désordonné me faisant office de chambre depuis plus de trente ans, et, ainsi, céder le lieu à ma fille pour ses futures vacances chez Bibi et Babou.

    Donner un petit coup de jeune = remplir une demi-douzaine de coffres de voiture pour 1 aller simple à la déchetterie communale. Ce n’est évidemment pas chose aisée que de se défaire de tous ces vestiges d’époques désormais révolues. Toute à mon envie de faire vraiment place nette – et un peu parce que je lis en ce moment un bouquin de vulgarisation philosophique qui aborde la notion du détachement – j’ai très certainement eu la main un peu lourde ; et ma mère, après avoir sauvé in extremis un carton plein de plaques et flots gagnés en concours hippique, m’a fait remarquer ce soir que j’avais sans doute bazardé mes premières partitions de guitare. ARNAQUE !

    J’en ai donc profité pour radoucir l’ensemble de la chambre, murs blancs, huisseries bleues,  et de la tapisserie florale que j’ai casé un peu partout : mur, armoire, commode. J’adore le contraste de la tapisserie avec les vieux cadres à papillons de ma mère dont j’ai repeint le fond en vert.

    J’ai également repeint en bleu et vert la vieille chaise laquée de mon enfance. Je suis assez contente du résultat ! Plus qu’à rajouter le lit à barreaux au milieu de tout ça, mais pour l’instant Avril dort avec moi, le temps que les peintures sèchent.

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  • Petit gilet en coton au point mousse

    Commencé le 1er avril, terminé à l’instant : un petit gilet en coton, au point mousse, et avec un jeu de couleurs très sympa. Principale difficulté : gérer les fils en bout de rang, avec toutes les pelotes qui s’entremêlent, tout en gardant et son calme et l’envie d’aller au bout de l’opération…

    Pas évident non plus de coudre proprement les bandes de boutonnage et de poignet, sur l’endroit, maille par maille. Mais je suis très contente du résultat, pour un petit vêtement finalement assez léger et pratique.

    EDIT : après avoir posté l’article entre deux contractions, je suis partie à la maternité 😉

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  • DIY tricot : brassière en jersey

    Ah, les affres, profonds et douloureux, de l’apprentissage !

    J’ignore pourquoi je persiste. Déjà, en prépa véto, j’étais passablement nulle en dissection. Impossible de présenter l’intestin d’une souris intact : il fallait toujours, au cours de l’opération de nettoyage, que ce dernier cède. Alors je piquais d’une aiguille les deux morceaux de tuyau rose pour simuler, en vain, la continuité de l’appareil. Le fait est : je n’ai pas des doigts de fée. Mais- las ! – je tricoterai quand même.

    Voici donc mon deuxième essai : une brassière en jersey, taille 3 mois, qui résulte de la fusion de trois différents modèles repérés dans deux catalogues : le fameux Phildar pour débutantes n° 29 – ici – et le catalogue Katia spécial layette n° R-5 – là.

    Mis à part le devant, j’ai tricoté chacune des pièces au moins deux ou trois fois. Je voulais quelque-chose d’appliqué. J’ai progressé en termes de régularité du point, mes lisières sont un peu plus propres. J’arrive presque facilement à faire du jersey. Donc : cool.

    Mais j’ai, évidemment, rencontré de nouveaux problèmes.

    Problème 1 : impossible de faire des manches et des 1/2 dos de la même taille

    Une idée que je viens de lire sur le site des Bergers Cathares et spécifique aux manches : il serait préférable de les tricoter ensemble, en les montant séparément sur la même aiguille, en utilisant une pelote pour chacune ; répétant ainsi simultanément les différentes opérations sur chacune des manches.

    De manière générale, il n’est pas évident – je trouve – de tricoter pile le bon nombre de centimètres indiqué. J’ai essayé de rattraper le tout lors du montage, en fronçant plus ou moins les pièces afin que les rayures d’alignent. Je viens par ailleurs d’investir dans un mètre de couturière certainement plus adapté à la pratique du tricot que mon double-décimètre en plastique.

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    Problème 2 : impossible d’obtenir des coutures propres

    Etant donné que mon jersey roulait affreusement, j’ai tricoté toutes mes pièces avec deux mailles en point mousse sur les côtés. Erreur fatale ! L’idée est valable pour les pans de l’ouvrage qui ne seraient pas destinés à être montés, comme les 1/2 dos par exemple. Mais le procédé est nettement moins sexy dès lors que les pièces sont destinées à être assemblées. J’ai ainsi bêtement condamné mes coutures à la grossièreté. Et ce, malgré l’aide de ma professeure de tricot de chez Une maille à l’endroit qui n’a pu que constater cet amer état de fait, quand je lui ai déballé, triomphante, l’ensemble des pièces de jersey presque sans trou, et bien plates… mais aux lisières bien trop larges. De plus, dans la couture au point arrière, je distingue encore mal les brins et les mailles pour piquer correctement et de manière régulière. Alors je suis parfois allée un peu vite, un peu au hasard. Ce qui ne pardonne vraisemblablement pas. La déception peut être grande au moment de retourner l’ouvrage pour observer la couture.

    Problème 3 : difficile de réussir parfaitement mon col

    Grâce à mes cours de tricot, j’ai plus ou moins réussi le V, ayant appris les diminutions. Sur le côté gauche de l’encolure, j’ai diminué grâce à la technique du surjet simple (similaire, e fait, à ce que l’on fait quand on rabat son rang), sur l’endroit, à deux mailles de l’ouverture (donc en début de rang). Sur la partie droite de l’encolure, j’ai diminué en tricotant deux mailles ensemble, également sur l’endroit et à deux mailles de l’ouverture (cette fois-ci en fin de rang. Quand il me restait 4 mailles, j’en piquais deux ensemble). La grosse difficulté est apparue au moment de relever les mailles : exercice que j’ai trouvé particulièrement périlleux et difficile, cramponnée à mon fil, pour le faire ressortir, comme un mauvais cavalier à la bouche de son cheval. Et même si nous avons relevé le nombre de mailles indiqué, le col plisse, ce qui vient passablement ternir le rendu final.

    La suite au prochain épisode !

    Pour info, ci-dessous, les instructions de ce modèle, en taille trois mois.

    Etape 1 : les 1/2 dos

    Commencer par les deux demi-dos. Afin de  me faciliter la vie, je n’ai pas fait d’encolure. Monter 32 mailles. Tricoter en jersey bleu endroit pendant 4 centimètres. Puis en jersey rayé (2 rangs blancs, 2 rangs bleus) sur 14 rangs. NE PAS COUPER LES FILS mais les faire suivre, surtout que les rayures sont fines. A 8 cm, tricoter en vert. Rabattre à 20 cm.

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    Pour une raison qui m’échappe, j’ai fait mes deux derniers rangs et rabattu l’ensemble en blanc. Mais ce n’est pas beau !

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    Etape 2 : les manches

    Monter 39 mailles. Tricoter en jersey bleu endroit pendant 4 cm. Puis en en jersey rayé (2 rangs blancs, 2 rangs bleus). Rabattre à 12 cm.

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    Etape 3 : le devant

    Monter 55 mailles. Tricoter en jersey bleu endroit pendant 4 centimètres. Puis en jersey rayé (14 rangs comme suit : *2 rangs blancs, 2 rangs bleus*). A partir de 8 cm, tricoter en vert. A 12 cm, rabattre la maille centrale et continuer à tricoter chaque côté séparément.

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    Il faut ensuite commencer la diminution : enlever 11 fois une maille, tous les deux rangs, sur l’endroit, à partir de l’ouverture.

    A 20 cm de hauteur, rabattre.

    Etape 4 : le montage

    Assembler les épaules : coudre au point arrière, endroit contre endroit, le devant avec les 1/2 dos.

    Si vous souhaitez rajouter le col blanc (pas obligatoire) : il faut relever 21 mailles sur l’encolure du dos gauche, 35 mailles d’un côté de l’encolure du devant, une maille au centre du V de l’encolure, puis à nouveau 35 mailles de l’autre côté de l’encolure du devant et 21 mailles sur l’encolure du dos droit. Total = 133 mailles, à tricoter pendant 6 rangs au point mousse, SAUF les trois mailles au centre du V de l’encolure : toujours les tricoter ensemble, et à l’envers. Les rabattre également ensemble.

    Coudre les manches, les assembler au corps. Coudre les côtés. RESPIRER.

    EDIT DU 12/07/2016 : Et voici donc la brassière portée ! 

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