• Mon petit village est aussi un grand lac

    Mon petit village est aussi un grand lac
    Qui demeure niché au versant de l’Epine
    J’y pense souvent, dans ma tête je dessine
    Un clocher, des grands prés, deux arbres et un hamac.

    Cent ans – et même plus. Mon dieu que le temps file !
    Que je n’ai pris la route qui monte chez moi,
    Surplombé la belle eau, humé l’odeur des bois,
    Ce mélange d’écorces et de chlorophylle !

    Quand je prends cette route, je finis souvent
    Sans guère plus de manœuvres, garée en marche avant,
    Dans la cour. Mon père est là, et il balaie.

    Il vient tout juste de soigner les chevaux.
    On s’embrasse, les enfants surtout, et Polo,
    Puis je prends l’escalier et ma mère apparaît.

    Photos : Yashika