Petits calculs entre amis

C’est en surfant sur le Web que j’ai pris conscience de l’intensité du désamour. Ce désamour grandissant que nourrit une grande partie de la profession agricole envers les producteurs de pommes, ou, tout du moins, envers leur instance représentative, l’Association nationale des producteurs de pommes et de poires…

À l’origine de cette rupture amoureuse : l’abrogation de l’arrêté du 12 septembre 2006, obtenue cet été par l’ANPP. Cela faisait plus de 10 ans que l’Association menait un combat politique féroce pour initier l’ajustement d’un arrêté jugé inapplicable et qui, selon l’ANPP, plaçait les producteurs de pommes dans l’illégalité dès lors qu’ils se trouvaient dans une situation critique et devaient, pour sauver leur récolte, braver les interdits. Trois points étaient particulièrement problématiques :  l’interdiction de traiter avec des vents supérieurs à 19 km/h, les délais de rentrée après traitement sans pouvoir déroger à la règle en cas de risque imminent pour la récolte et, enfin, les ZNT (zones non traitées) de 50 voire 100 mètres, pour lesquelles il aura fallu attendre10 ans pour obtenir la pré-homologation de matériels permettant d’en réduire la largeur.

De guerre lasse, les producteurs de pommes ont sorti la grande artillerie, saisissant le Conseil d’Etat. Et l’arrêté du 12 septembre 2006 est tombé. Pour vice de forme. L’objectif était alors de repartir intelligemment dans la construction d’un arrêté réaliste.

Mais quelle ne fut pas la stupéfaction du monde agricole en découvrant que le texte en cours de réécriture prévoit des ZNT non seulement le long des cours d’eau, mais aussi en bordure des fossés, des haies, des bosquets, des forêts et des habitations ! Rien que sur le département du Vaucluse, ce sont 50 000 hectares qui sont concernés. La FNSEA se cabre. S’étonne. Les paysans s’affolent. Se fâchent : c’est la faute aux producteurs de pommes ! « Grâce à tous les militants ‘bobo’, aux membres de l’ANPP et à ce qui nous sert de ministre de l’Agriculture, soyez rassurés, notre pays sera irréprochable ! », eu-je le loisir de lire sur Facebook.

L’ANPP est devenue le bouc émissaire d’une profession blessée. On l’accuse à tort d’avoir fait tomber l’arrêté pour traiter davantage. Le Ministère se joue de la méprise…

Vous croyez ? Ne serait-ce pas plutôt la faute à l’Administration ? Les bobos, laissons-les tranquilles dans leurs cités de bitume, ce sont eux qui font vivre les campagnes en consommant des produits labellisés de catégorie premium : du muscat à peine cueilli de son pied à la plaque de fromage AOP hors de prix.

L’ANPP, laissons-la se mordre les doigts sans en rajouter une couche : c’est dans son ADN de penser écoresponsable. Seuls les hypocrites, les bien-pensants et les ignares peuvent l’accuser d’avoir fait tomber l’arrêté pour traiter davantage. Mais il semblerait que Le Foll soit de ceux-là ! De ceux qui se moquent de la pomme. Et qui accouchent d’un arrêté inapplicable, tout juste bon à séduire les écologistes…. Il se murmure en effet qu’aussi maigres soient ses chances, Hollande ne saurait être réélu sans le massif soutien des Verts. Quitte à planter un couteau dans le dos de l’électorat agricole, de toute façon acquis à la Droite.

maxnewsworldthree579196

Photo : © MaxPPP

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