• On jette beaucoup l’opprobre, ces temps-ci, sur certains médias grand public. Et on a tout à fait raison de le faire : chiffres bidons, intox, parti pris et mise en lumière systématique des trains qui arrivent en retard, au travers d’un prisme à la subjectivité qui agace… Mais c’est oublier un peu vite que le citoyen, devant son écran, est a priori doté de suffisamment de bon sens pour déceler les dualismes abusifs, voire de s’en méfier comme de la peste.

    Alors pourquoi s’acharne-t-il, ce bon citoyen, à tomber dans les pièges qu’on lui tend avec de la grosse ficelle de botte ? (1) C’est comme s’il n’attendait qu’une chose : qu’on lui donne du faux, du facile, du trompeur, de l’alarmiste ; en mélangeant il obtient une bouillie un peu nauséabonde et très caricaturale ; et il se vautre dedans. C’est incroyable, cette propension qu’on a tous à s’exaspérer sur les saisons disparues et les complots des puissants.

    Le vrai problème, en fait, c’est que le citoyen en a oublié d’aimer et de respecter son agriculteur. La géographe Sylvie Brunel s’en émouvait d’ailleurs, un matin de février, dans une tribune du Monde : « La façon dont la France ignore la souffrance de ses campagnes reste une douloureuse énigme. »

    Parce que le fossé s’est creusé. Qui l’a creusé ? Un peu tout le monde, un peu plein de choses : le productivisme d’après-guerre, l’urbanisation massive, la déconnexion des terroirs, les producteurs qui ne communiquent pas, l’hypocrisie de certains modèles caricaturaux, et puis, surtout, l’oubli total et absolu de ces époques où l’on manquait de nourriture – voire mourait d’intoxication alimentaire ! Alors nul besoin de partir à la recherche d’un fossoyeur perdu, car nous sommes tous, à notre niveau, responsables de la crise agricole. Nous sommes tous les fossoyeurs de ce modèle où le producteur, aimé et respecté par le consommateur, vivait décemment de sa production…

    Un peu de patience, cela dit. Il est probable que les français finissent également par se rappeler que le paysan, en plus de nourrir, façonne notre campagne et en maintient le tissu économique. Sans paysan, la ruralité s’apparente à une immense friche déserte et bien peu amène.

    (1) Le dernier piège en date ne vous aura pas échappé. Il s’agit de l’émission Cash investigation sur les pesticides : un reportage grossier sur un sujet pourtant légitime, diffusé le 2 février 2016.

  • Un duo aux Trois Baudets

     

     

    Je suis récemment remontée sur scène, enceinte… mais avec un immense plaisir, dans le cadre de la sortie d’album de mon ami Berlyne. Nous interprétions une petite chanson légère que j’adore, l’histoire belle et banale des premiers émois amoureux : à partir de 13min50.

    J’aime cette vidéo mais elle met en évidence les difficultés assez marquées de gestuelle que je rencontre dès lors que je n’ai pas de guitare entre les mains… C’est aussi une véritable leçon de style : à partir de 4 mois de grossesse, il est impératif de bannir les tissus souples et les collants classiques ; bref, tout ce qui souligne et marque avec inélégance une silhouette qui commence à se brouiller. Etre enceinte, au début, c’est revivre cette incertitude bizarre de l’adolescence, quand le corps nous échappe.

  • Vidéo : live et interview !

     

     

    Ce reportage vidéo plein de douceur, réalisé par Laurent Theeten, dévoile les coulisses de mon concert de sortie d’album, le 13 mars 2014 aux Passagers du Zinc (Avignon).

    J’y aborde également mon projet de partir vivre à Paris… et la chance que j’ai d’avoir un employeur qui me soutient dans mes démarches artistiques !

  • Live report

    Live report

    Concert de sortie d’album || 13/03/14 || Pics by JCR || Les Passagers du Zinc

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  • Forvil sort aujourd’hui !

    Chers ami.e.s, c’est le jour J !

    Je suis très heureuse de vous annoncer la sortie de mon tout premier album, « Forvil ».

    Je remercie chaleureusement les musiciens, techniciens, artistes, vidéastes, photographes et amis qui m’ont entourée avec bienveillance dans cette aventure. Merci également à tous ceux qui m’ont soutenue sur Ulule et qui m’ont donné les moyens de relever ce challenge un peu fou !

    Pour commander l’album en physique, c’est ici :
    1D-PACA – http://1d-paca.com/fr/album/forvil

    Pour le télécharger :
    I-TUNES – http://goo.gl/cp7JTM
    AMAZON – http://goo.gl/yVgo7p

    Pour l’écouter :
    SPOTIFY : http://goo.gl/fZKGp8
    DEEZER : http://www.deezer.com/album/7356390

    MERCI A TOUS !
    Et bonne écoute !

  • Mars… et ça repart !

    Mars… et ça repart !

    Très chers ami.e.s,

    sachez que mon impatience d’être au mois de mars n’a d’égale que mon incapacité latente, depuis quelques semaines, à me projeter dans quelque-chose d’un tant soit peu optimiste en ce qui concerne ma sortie d’album : des timings trop serrés, des subventions qui ne tombent pas, une paperasserie dingue et digne d’un arboriculteur provençal qui caresse le doux rêve de toucher le Crédit d’impôt compétitivité emploi. Franchement, je me dis qu’une fois que t’as sorti un disque et que tu t’es dégoté trois dates de concert, t’as tout ce qu’il te faut d’expérience pour monter ta boîte dans les technologies numériques ou la croissance verte.

    Mais, soit, malgré tout, je tiens le bon bout ! Et donc, ce mois de mars, je m’y accroche un peu comme à une bouée. Mais une bouée genre avec de l’hélium dedans, un truc un peu planant quand même.

    Le mois de mars, ça sera la sortie de l’album, une résidence aux Passagers du Zinc avec les musiciens du groupe, mes premières dates à l’étranger  – un étranger tout relatif, certes, mais un étranger quand même : merci Lolo !-, la release party de l’album à Avignon… Impatiente, vous dis-je.

    Bon week-end !

    Votre dévouée…

  • Le clip !

    Le clip !

  • Depuis une petite dizaine de jours, quatre extraits de mon album transitent via les impénétrables voies du web. Je me suis concentrée dans un premier temps sur les professionnels avec qui j’avais déjà eu l’occasion d’établir un petit contact. Boîtes de production, bureaux de presse, directeurs artistiques, programmateurs : j’ai frappé un peu à toutes les portes, sans de grands espoirs ni de grande politesse, mais la conviction – tout de même – chevillée au corps.

    Le mail, déjà, c’est pas évident. Tu sais que ça peut se recevoir et se lire dans la minute. Alors quand il y a un petit silence derrière, surtout quand il finit par s’éterniser – l’éternité pour moi durant  24 heures -,  tu perçois direct l’agression, l’attaque personnelle, le désintérêt, voire le léger manque de respect. Mais PIRE ENCORE que le mail, il y a le message Facebook : envoyé à 11h51, lu à 15h32 (mais le 15h32 de y’a trois jours). Et toujours pas de réponse. Je suis tellement parano que je me dis même que certains font exprès de pas l’ouvrir pour faire genre ils l’ont pas lu. Genre j’ai confiance en personne ni même en mon propre enfant (que je n’ai d’ailleurs pas encore eu l’occasion de faire).

    Après y’a les réponses Ctrl C / Ctrl V. Comme j’ai commencé à démarcher fin août, j’ai eu des mails genre: « J’ai écouté et je trouve ça pas mal, mais c’est ma rentrée et j’ai trop de boulot pour m’y pencher vraiment. Désolée et bon courage... »

    J’imagine alors la demi-douzaine de réponses automatiquement générées par Outlook en fonction de la période de l’année et de la température extérieure :

    1. J’ai écouté et je trouve ça pas mal, mais c’est la Toussaint et j’ai trop de boulot pour m’y pencher vraiment. Désolée et bon courage.
    2. J’ai écouté et je trouve ça pas mal, mais c’est Noël et j’ai trop de boulot pour m’y pencher vraiment. Désolée et bon courage.
    3. J’ai écouté et je trouve ça pas mal, mais c’est les vacances de février et j’ai trop de boulot pour m’y pencher vraiment. Désolée et bon courage.
    4. J’ai écouté et je trouve ça pas mal, mais c’est la Saint-Valentin… et j’ai un mec, moi, connasse !

    Il y a aussi les réponses avec une excuse bizarre que tu prends super positivement au début et passablement mal à la trentième relecture :  « Tes morceaux sont très chouettes. Surtout Chewing-Gum et Le temps passe pas. Très bien écrit, dans la veine de Pauline Croze et d’Anaïs. Félicitations  ! Surtout qu’il est très dur de faire tout ça en autoprod. La production mériterait cependant un peu plus de contemporanéïté ». J’ai regardé, le mot n’existe pas dans le dictionnaire. Mais j’aurais aimé que mon album sonne 2013. Que je ne me sois pas fait un side-cut pour rien, merde.

    Bref, c’est dur de démarcher. Déjà quand tu proposes ta prestation et que tu demandes 150 euros net en plus du défraiement t’as l’impression d’œuvrer dans le télémarketing. La dernière fois j’ai carrément pris l’accent ukrainien pour voir si ça marchait mieux… Mais alors là c’est puissance 10. J’ai l’impression d’être à genoux. De quémander 3 minutes d’attention. « Ooooh toi tu es bien belle, tu n’as pas deux euros ? »

    Je devrais faire ça. D’abord un compliment sur le physique et bam, je balance mon lien Soundcloud privé. La Fontaine n’a certainement pas écrit le Corbeau et le renard pour rien…

  • ça fait pas trop pouffe ?

    Chers amis, nous avons concrètement initié l’opération VISUEL dimanche dernier. Nous, c’est à dire mon coloc-bassiste-photographe Clément, mes complexes de toutes natures, mes incertitudes chevillées au corps (gras) et moi-même.

    Pas facile tout ça. On avait déjà fait des réunions il y a quelques temps avec David (graphisme) et Iza (coiffure et maquillage). Moi au début je voulais poser à cheval parce que je monte un peu à cheval (j’eus en réalité monté dans ma prime jeunesse) et que j’ai une position pas trop mauvaise et des chevaux en libre service chez mes parents. Mais j’ai eu peur que ça me fasse des grosses cuisses / que ça fasse folk américaine / que ça fasse beauf.

    Alors on s’est dit qu’on pourrait se la jouer « photo one shot« , genre méga habillée et sautant dans une piscine (idéalement remplie d’eau). Toujours dans des soucis de « démarche », on a voulu faire de l’argentique et du polaroïd. On l’a donc fait. Dimanche.

    Habillée et maquillée, je m’égosillais intérieurement : « Ce manteau, ce look, ce maquillage, ce sein que tu ne saurais voir, ce sourire, cette posture, le cadre, tout ça… ça ne fait pas trop pouffe ? ça va ? ça passe ? Heinnn ? » Tendue et impossible à dérider.

    Le lendemain, Valentin m’a conseillé de la jouer cool. « Tu pars boire un coup en ville avec tes copines, de préférence tard le soir, et tu demandes à Clément de t’accompagner ». Oui, mais ça ne marche pas : si Clément nous fait l’honneur de nous accompagner, ça fusille le concept, c’est pas une soirée filles.

    J’avais, je crois, oublié de me poser les bonnes questions. (Les mauvaises et les existentielles, en l’occurrence, ça me connait.) Du genre : C’est quoi l’projet, c’est quoi l’message ? Quand je pense à ma musique, c’est quelle couleur qui me vient ? Quel type de femme souhaitè-je afficher aux yeux du reste du monde ? Suis-je malicieuse, pétillante, affirmée, rebelle, enfant, triste… gaie ? intello ? On met quoi en avant ? un regard, une ambiance, une posture, une émotion, un lieu, un objet ?

    Erf.

    On a refait une séance dans la semaine avec Clément. Il m’a dit « Garde ta clope et ton verre de Muscat ». On a mis Wax Tailor.

    Et je crois qu’on a trouvé la bonne !  Et c’est plutôt cool car j’ai bien failli capituler (« Finalement, je pense que le mieux c’est que je ne sois pas sur la pochette ») avant même que Clément ait appuyé sur le déclencheur, tellement que je l’appréhendais, cette satanée opération VISUEL.

    Mon coloc est vraiment fort.

     

  • Aude, apicultrice, 84

    Reportage vidéo || Le rucher du Rif Bel || Saint-Saturnin-lès-Apt, 84 || 2013 ||

    Aude, sous un soleil de plomb, m’emmène voir ses ruches. Pas facile pour moi de tenter une mise au point, même grossière, sur les abeilles, à travers la maille grillagée de notre équipement de cosmonaute !

    Aude et moi avons fait la même école, mais pas la même année. C’est dans le cadre d’expériences professionnelles croisées que nous nous sommes rencontrées et que nous sommes devenues amies : elle était responsable de production et moi responsable qualité au sein d’une PME savoyarde spécialisée dans la fabrication fromagère.

    Cela fait maintenant deux ans qu’Aude pratique l’apiculture à Saint-Saturnin-lès-Apt, dans le Vaucluse. Toute jeune maman, elle aspire à devenir professionnelle.